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Rapport des activites 2016

L’année 2016 commençait avec le deuxième Cours d’Apiculture (abeilles natives sans dard) du 16 au 26 de janvier donné par Ricardo Valle, de l’Université de Vitória da Conquista, Bahia, en partenariat avec le Laboratoire de Diffusion des Répertoires, Education pour une vie pleine (UESB – BA). Cette étape avait comme objectif la démonstration de la capture d’abeilles natives sans dard avec appât. Ricardo enseigna la fabrication et l’installation d’appâts (photographies 1, 2 et 4). Comme il y a quelques ruches in situ pour pratiquer durant les cours, nous observâmes le fonctionnement du nid (photographies 3, 5 et 6). Une des finalités de ce cours est la production, en plus du miel, de propolis (photo 7) à être utilisé dans les postes de santé où se consomment les antibiotiques pharmaceutiques en quantité alarmante. Nous rédigions aussi la traduction d’un guide expliquant le transfert d’une ruche native à une caisse  pour servir d’appui à la continuité du travail dans les communautés (photo 8). Le prochain cours portera sur la multiplication des ruches.

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Après le départ de Ricardo, nous continuâmes avec la III étape du Cours de Langue Portugaise (27 janvier à 3 février) pour le groupe 1 formé de participants originaires des communautés d’Ixima, Pukima-Beira et Pukima-Cachoeira. Nous continuâmes l’exploration de la morphologie de la langue portugaise. Les livres utilisés durant ces cours sont des livres produits au Xingu par l’Institut Socio-Environnemental (ISA). « Le Livre des Eaux » aborde tous les aspects des eaux, qui part de la mythologie des êtres aquatiques jusqu’aux problèmes actuels de gestion des eaux, suite à la présence des grandes explorations agricoles à l’entour du Parc Indigène et qui sont responsables pour la contamination des rivières qui  traversent le Parc du Xingu, apportant beaucoup de problèmes de santé. Cette thématique permet d’aborder les problèmes environnementaux d’une manière générale afin de sensibiliser les Yanomami aux conséquences de leurs actes, eux aussi entrant dans le monde de la consommation de manière effrayante.

Du 9 au 20 février, j’étais assesseur de la III étape de la Licenciature Interculturelle Yanomami réalisée par l’Université Fédérale d’Amazonas (UFAM) et qui a lieu au Maturacá, communauté située à l’extrême ouest de la Terre Indigène Yanomami. Les axes de la Licenciature sont les Politiques Educatives Indigènes et le Développement Durable.

C’est un enseignement basé sur la recherche qui part du principe que les professeurs yanomami sont parfaitement alphabétisés. La première recherche portait sur le thème: « Qu’est-ce que éducation? », la seconde: « Quel type d’éducation scolaire les Yanomami désirent dans leurs village? ». La troisième : « Qu’est-ce que la culture? ». Ce sont des problématiques soulevées par les propres professeurs yanomami. On y étudie aussi l’aspect linguistique, orthographique et graphique. Ce dernier aspect du cours amènera à la publication d’un Guide Orthographique de la Langue Yanomami du groupe Xamatari; de plus, les professeurs veulent produire une grammaire et un dictionnaire de la langue yanomami.

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Du 3 au 25 mars, eut lieu la IV étape du Cours de Langue Portugaise 1 à Poraquêquara. Nous continuâmes l’étude morphologique de la langue portugaise.

Du 28 au 31 mars eut lieu la V réunion de la Kurikama à Santa Isabel durant laquelle il y eut discussion au sujet de la santé en la présence du nouveau coordinateur du District Sanitaire Spécial Yanomami et Ye’kwana -DSEI -, Robson Mangueira. Les Yanomami revendiquèrent les mêmes choses de toujours (manque de formation et capacitation des Agents Indigènes de Santé –AIS- et microscopistes, manque d’infrastructure, de professionnels, de médicaments, de soutien dans les Maisons des Indiens (CASAI, maisons d’accueil des patients) de Santa Isabel, Manaus et Boa Vista…). Les mêmes promesses d’essayer de résoudre les problèmes furent les réponses.

Le thème suivant fut celui de la Funai. Le premier trésorier de la Kurikama, Zégadilha Xamatauteri, fit un rapport de la réunion du Comité Régional auquel il participa en février à São Gabriel da Cachoeira. Ce fut une réunion de planning des activités financées par la Funai. Chaque association indigène  communiquait son chronogramme pour 2017, et tout le monde sera dans l’attente des réponses. Vu les coupures budgétaires du gouvernement, il n’y a pas beaucoup à en attendre.

Le troisième jour de réunion de la Kurikama eut pour thème l’éducation: la lutte pour l’étatisation (entendre ici la prise en charge par l’état d’Amazonas et sortir de la responsabilité de la municipalité de Santa Isabel qui n’a jamais aidé les écoles différenciées du Marauiá). Ä ce jour, 4 des 6 écoles du Marauia sont reconnues par le gouvernement de l’Etat d’Amazonas. Il fut mentionné également la reconnaissance par l’état d’Amazonas de la formation des professeurs yanomami de ces mêmes écoles (29 sont diplômés) et le contrat de 17 d’entre eux, encore sous la forme de contrat temporaire de deux ans.  L’éducation scolaire différenciée a été intégrée dans le système gouvernemental de la SEDUC (Secrétariat d’Education) qui ne connaît ni ne reconnaît l’école différenciée, ce qui amène de grands problèmes: les conflits entre la bureaucratie de la SEDUC et les critères de l’école différenciée. La discussion a aussi soulevé les infractions commises par les salésiens dans les écoles formelles qu’ils administrent sur le Marauiá, contractant des professeurs non yanomami au détriment des professeurs yanomami.

Le dernier point de discussion de cette réunion fut la fiscalisation des entrées de non yanomami sur le territoire indigène. Le coordinateur de la Kurikama appelait au soutien à la politique de la Kurikama par les associés pour ne pas encourager l’entrée de non yanomami comme plusieurs, malheureusement, le font.

Du 13 au 15 avril, eut lieu la rencontre des professeurs de la Licenciature yanomami à Poraquëquara pour préparer le premier séminaire qui s’est passé du 18 au 21 avril à São Gabriel da Cachoeira, réunissant des représentants des six différents groupes de la Licenciature Interculturelle Indigène : Tukano, Baniwa, Sateré-Mawé, Yanomami et 2 de Nhengathu. Le but de ce séminaire était que chaque groupe présentât les thèmes et l’évolution de ses recherches.

Du 10 au 29 mai,  eut lieu le II Cours de Vidéo. Dans un premier moment, Flávio Galvão de la Fábrica de Cínema, collectif de cinéastes documentaristes de São Paulo, et sa compagne Renata, remirent l’équipement de filmage et montage au Coordinateur Général de la Kurikama, Otávio Ironasiteri (photo 1). Cet équipement fut acquis par une campagne de financement collectif par internet. Cet équipement et cette capacitation ont comme objectif la création d’une équipe de tournage propre à la Kurikama pour divulguer la culture yanomami, mais aussi pour l’appuyer dans sa lutte de la défense des droits indigènes. La vidéo est un autre outil qui peut être à leur disposition dans ce but. Avec l’équipement va la formation dont l’objectif est de développer leur capacité à user ces outils pour registrer des évènements pertinents et illustrer des dénonces. Dans cette seconde étape, Flávio a enseigné le fonctionnement de la caméra (photos 3, 4 et 5) pendant que Renata enseignait le fonctionnement de l’ordinateur (photos 2 et 4) pour le montage. Ceci a permis de définir les aptitudes de chacun à la caméra et à l’ordinateur ce qui sera un critère pour diviser le groupe selon les aptitudes de chacun au prochain cours. C’est un groupe de sept personnes originaires de diverses communautés (Ixima, Pukima-Beira, Tomoropiwei, Raita et Bicho-Açu). Nous élaborions aussi en yanomami un manuel du transfert d’images de la carte mémoire de la caméra à l’ordinateur et au HD.

Au mois d’août 2017, il y aura la visite d’un professionnel pour voir la possibilité d’installer internet au le siège de la Kurikama, afin de divulguer la production d’images et permettre l’articulation politique de la Kurikama avec les autres associations yanomami et avec le monde entier.

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Du 12 au 30 juin, nous réalisions la V étape du Cours de Langue Portugaise 1. Durant cette étape, nous avons commencé un échange avec un groupe d’étudiants Inuit du Canada par l’intermédiaire d’un ami qui travaille comme professeur dans une communauté Inuit du nord du Québec. Il s’agit d’un échange de lettres, au sujet des différents aspects de leur vie (dans le cas des Yanomami, les chants et la fête, le chamanisme, la diète alimentaire, les plantations, l’éducation yanomami et l’éducation scolaire indigène, les séjours durables dans la forêt à la recherche de nourriture – wayumɨ, la maison collective, l’apparition des Yanomami…), de dessins et d’images (photographies et vidéos) pour que chacun des deux peuples découvre personnellement la vie de l’autre dans des contextes totalement différents.

Du 4 au 30 juillet, eut lieu une nouvelle étape de la Licenciature Yanomami au Maturacá. Devant les difficultés des professeurs yanomami à dominer l’écriture dans la langue portugaise, et encore plus dans la langue maternelle, il fut décidé de retourner cette situation par le biais de la grammaire, en faisant simultanément des parallèles et des comparaisons entre les deux langues. J’ai donc donné un cours en ce sens de grammaire de la langue yanomami pour les professeurs de la Licenciature Yanomami.

Du 8 au 25 août eut lieu le III Cours de Politiques Publiques (voir rapport spécifique sur ce sujet).

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Du 5 au 12 septembre, eut lieu le premier atelier d’élaboration du PGTA, au Lac Caracarana, en Roraima (voir rapport spécifique).

Du 28 au 30 septembre, la Kurikama organisait sa VI réunion à Bicho-Açu. L’ordre du jour était, le premier jour, la santé en présence de divers représentants de la SESAI, parmi lesquels le nouveau coordinateur du DSEI Yanomami et Ye´kwana João Catalano. Si, j’ai bien écrit de nouveau “nouveau”! Malgré que sa vision paraisse plus humaine, plus dirigée envers les Yanomami, à l’heure où j’écris ce rapport, suite aux nombreux procès judiciaires par rapport à sa participation dans le trafic d’or avec des entrepreneurs de São Paulo quand il était le coordinateur du Front de Protection de la Funai, il fut éloigné de son poste de coordinateur du DSEI. Plusieurs choses ont été pactées durant cette réunion (au sujet de la formation des agents de santé, de l’infrastructure et d’équipement), mais qui ne seront pas respectées étant donné le changement de coordinateur.

Le deuxième jour de réunion fut dédié au PGTA. Il y eut lecture et traduction des propositions élaborées en Roraima. Une copie fut remise à tous les conseillers de la Kurikama afin qu’ils les publient et les discutent dans leur communauté respective.  Dans la prochaine réunion de la Kurikama qui aura lieu du 10 au 12 mars 2017, le résultat de ces discussions sera registré et levé au prochain atelier du PGTA en Roraima, fin mars. Le dernier jour de réunion de l’association portait sur les projets de la Kurikama (réforme du siège de la Kurikama qui sera définitivement situé dans l’ancien poste de la Funai à Bicho-Açu avec des ressources financières du PGTA, ainsi que l’équipement – ordinateur, imprimante, énergie solaire…).

Les participants furent également informés de la donation de Mauro Almeida, ancien membre de Terre des Hommes Luxembourg, qui fit un DVD sur les Yanomami et l’école différenciée pendant un cours de formation des professeurs de la Secoya. Cette donation est une partie de la vente de ces DVDs. Il fut demandé aux participants de la réunion quel genre de projets ils aimeraient que cet argent finance. Il fut suggéré  un cours de mathématiques pour que les femmes puissent avoir autonomie de gestion de leur  allocation familiale du gouvernement, se méfiant de l’honnêteté des jeunes qui les accompagnent.

Christina Haverkamp est également venue pour remettre cinq kits de radio émetteur pour que la Kurikama ait son propre réseau de communication avec les autres associations yanomami et autres utilisant le canal de la Hutukara, l’actuel canal de radio étant monopolisé par les services de santé.

Pour terminer cette réunion, le dernier sujet fut l’avaliation de la direction et du conseil de la Kurikama. En règle générale, la direction fut bien perçue ; le conseil fut critiqué pour manque d’appui à la direction. Celle-ci s’est également plainte du manque de soutien de la part des communautés qui ne contribuent pas à l’association, comme il est prévu dans le statut. Tous ont promis de contribuer dans les plus brefs délais. Ainsi se terminait le VI réunion de la Kurikama.

Du 6 octobre au 7 novembre, a commencé le I Cours de Langue Portugaise pour les participants originaires des communautés de Kona, Raita et Bicho-Açu. Avec ce groupe, ayant un niveau  de portugais totalement différent à celui du premier groupe, nous travaillions la phonologie et l’accentuation de la langue portugaise. Comme il s’agit de personnes de moindre contact, nous dûmes  travailler les sons et leur graphie.

Du 5 au 8  novembre la nouvelle présidente de Rios Profundos, Jaqueline Pimenta Sanches, fit un voyage à São Gabriel da Cachoeira afin de régulariser la situation de l’association face à la Recette Fédérale, conséquence du changement de président.

Du 11 au 16 novembre, je fis un voyage à Manaus acompagnant la présidente de Rios Profundos, pour résoudre la question du Certificat Digital, obligatoire pour toute association et qui requiert la présence du président. Ce certificat permet un contact direct et confidentiel avec les organismes fédéraux, tels que la Recette Fédérale, afin d’éviter toute corruption et intrusions non désirées.

Du 22 au 24 novembre, eut lieu le III Forum Binational Yanomami et Ye´kuana à Puerto Ayacucho, Etat d’Amazonas, Venezuela. Les thèmes abordés furent la démarcation de la terre indigène yanomami et ye´kwana au Venezuela, qui n’existe pas, la permanence massive des chercheurs d’or et la terrible situation de la santé des Yanomami et Ye’kwana, et à une moindre échelle, au Brésil. Les Yanomami meurent littéralement de malaria et de rougeole. La situation économique du Venezuela est critique, il n’y a pas de nourriture, ni d’essence, même si le Venezuela est un pays producteur de pétrole mais sans infrastructure (raffineries) et il n’y a pas moyen de donner une assistance médicale pour les Yanomami et les Ye’kwana, par manque d´essence. Ce forum de rencontres des associations yanomami vénézuéliennes et brésiliennes sert à renforcer leur union et se donner un appui mutuel dans leurs luttes internes et transfrontalières.

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Du 14 au 16 décembre, je fis un voyage à São Gabriel da Cachoeira avec le Coordinateur Général de la Kurikama à la recherche de documents (Recette Fédérale et Banque Bradesco) pour résoudre les arriérés de l’association par rapport à la Recette Fédérale. Le coordinateur général de la Kurikama continuait seul le voyage jusqu’à Manaus  pour finaliser la situation, accompagné de la comptable de Rios Profundos, et résoudre la question du Certificat Digital. C’est une mesure obligatoire pour n’importe quelle association, même indigène. La Rios Profundos a donné un soutien en payant également les frais de déplacements.

Ainsi se termine l’année de 2016, préparant déjà les prochains pas pour 2017…

En conclusion, nous pouvons dire que les axes des activités de Rios Profundos, à cause des limites de temps, de personnel et d’argent, se résument à donner appui à la défense de ses droits par l’association Kurikama avec les cours de Politiques Publiques, la participation au PGTA et les cours de filmage, appui également aux professeurs de la Licenciature Yanomami, et appui à la population du Marauiá avec les cours de langue portugaise pour qu’ils aient une meilleure compréhension du monde occidental et meilleure conscience de ses choix, comprendre qu’ils peuvent choisir, et acquérir une plus grande capacité de s’exprimer en langue portugaise.

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Rapport Du Premier Atelier D’elaboration Du Plan De Gestion Territoriale Et Environnementale De La Terre Yanomami

PGTA YANOMAMI

LAC CARACARANA, RORAIMA

5 à 12 septembre 2016

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Le 5 juin 2012 , fut publiée la Politique Nationale de Gestion Environnementale et Territoriale des Terres Indigènes – PNGATI (Décret n° 7.747) , fruit d’un processus collaboratif entre Funai, Ministère de l’Environnement (MMA) et les organisations indigènes. La PNGATI garantie légalement le droit des peuples indigènes à la gouvernance de ses territoires. Le principal instrument de gestion réglementé par cette politique.

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Seront réalisés cinq grands ateliers durant lesquels se réuniront les sept associations Yanomami et Ye’kwana, les leaders indigènes traditionnels, les organisations gouvernementals et non-gouvernementales partenaires. Entre ces ateliers auront lieu dix ateliers régionaux.

Lors du premier atelier , en octobre 2015, les associations yanomami et ye’kwana inicièrent la construction du PGTA de la terre yanomami, discutant ses concepts et ses thèmes. Les objectifs du PGTA sont :

« 1°-  la création de concensus entre les organisations indigènes et les leaders de la terre yanomami sur les directrices en vue de leur bien-être ;

2°- la recherche d’adéquations et articulations des politiques publiques qui régissent les terres indigènes. »

 

C’est un projet d’une durée de quatre ans (2015-2019) financé par Fundo Amazônia. Le PGTA reçut onze millions de Reais, divisé de la manière suivante : 70% pour le PGTA du Xingu, 15% pour le PGTA Alto Rio Negro et 15% pour le PGTA yanomami, ce qui represente un million et sept cent milles Reais.

De ces fonds, quatre organisations yanomami et ye’kwana recevront R$ 32.000,00 chacune pour la réforme et l’équipement de leur siège : les associations indiquées pour recevoir cet argent sont AYCA, Kurikama, Texoli et APYB. De plus, sont inclus le salaire de Marina Vieira/ISA, Boa Vista, Roraima, coordenatrice du PGTA yanomami et ye’kwana, et les ateliers d’élaboration du PGTA. Il y en eut trois en cette année de 2016 : Auaris, Mission Catrimani et au Marauia, durant le III Cours de Politiques Publiques organisé par Rios Profundos.

Le 5 septembre 2016, au Lac Caracarana, Roraima, commencait le premier atelier thématique. Marina Vieira presenta le processus d’élaboration du PGTA. Les ateliers d’élaboration du PGTA se diviseront de la manière suivante : ce premier atelier traitera de la protection territoriale et vigilance, et les sources de revenu provenant de productions et des bénéfices sociaux du gouvernement (salaire des professeurs, des agents indigènes de santé, retraîtes, allocations familiales, allocations de maternité). Le deuxième aura lieu fin mars 2017  et aura pour thème les connaissances traditionnelles et les ressources naturelles. Le troisième  portera sur la santé, l’éducation et l’infrastructure et aura lieu en octobre de 2017.

Durant le premier semestre de 2018, aura lieu l’atelier de pactuation et consolidation du PGTA. Il sera finalisé en 2019. Entre chaque atelier, il y aura dix ateliers régionaux durant lesquels tous les thèmes seront débattus.

Cette première rencontre réunissait des représentants de toutes les associations yanomami du Brésil (Hutukara, Texoli, Henama, Kurikama, AYRCA, Kumirayoma et APYB), des institutions gouvernementales (FUNAI, ICMBio, SESAI, IBAMA, Forces Armées Brésiliennes) et non-gouvernementales : ISA, Diocese de Roraima et Rios Profundos.

Le premier thème a été discuté en groupes : premier groupe : Maturaca, second groupe : Marauia, Demeni et Padauiri, troisième groupe : Uraricueira, quatrième groupe : Mucajaí, Apiau, Uxiu, Ajarani, Papiu, Kayanau et Alto Catrimani, cinquième groupe : Missão Catrimani et Baixo Catrimani, sixième groupe :  Surucucus, Xitei, Homoxi, Demini et Toototopi.

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Après la présentation des propositions par chaque groupe, le deuxième thème fut introduit par des questions : premièrement par rapport à la production :

1° aujourd’hui qu’est-ce qui est commercialisé dans sa communauté ? Produits ? Difficultés ? Quels sont les besoins pour améliorer ?

2° Dans le futur, quels produits ou projets peuvent gérer des ressources pour sa communauté ? De quoi est-il besoin pour que ce projet se réalise ?

Au sujet des sources de revenus provenant de programmes sociaux ou du gouvernement, la question fut : Comment peut être utilisé l’argent qui entre dans sa communauté pour améliorer la vie des Yanomami et des Ye’kwana ?

Ensuite, les propositions des groupes furent synthétisées et soumis à l’assistance pour faires ses derniers commentaires.

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Ces propositions seront soumises aux villages de toutes les régions et nouvellement synthétisées et finalisées lors du prochain atelier.

La teneur des propositions est divisée conformément aux actuelles préoccupations des Yanomami selon les suivantes directrices :

Protection Territoriale et Vigilence

  • Combattre les orpailleurs;
  • Promouvoir l’autonomie indigène de la vigilance de leur territoire;
  • Empêcher l’entrée des envahisseurs comme pêcheurs, chasseurs, bûcherons, coupeurs de piaçaba et autres illicites;
  • Garantir le droit à consultation au sujet des œuvres du gouvernement et des politiques publiques qui rejaillissent sur la T.I.Y.;
  • Renforcer l’union des associations yanomami de la T.I.Y.;
  • Renforcer la participation indigène aux forums de discussion sur la gestion territoriale ;
  • Stimuler la mobilité territoriale;
  • Valoriser les cultures yanomami et ye´kwana pour la protection territoriale.

 

Gestion de revenus:

  • Stimuler les partenaires à acheter les produits des communautés lors d’évènements en T.I.Y.;
  • Implanter des programmes d’Achat Institutionnel (PNAE) pour les écoles de la T.I.Y.;
  • Promouvoir la prise en charge des projets de source de revenu par les propres Yanomami et Ye´kwana ;
  • Viabiliser l’arrivée des produits yanomami et ye´kwana sur leurs marchés;
  • Implanter des initiatives de production de revenu qui ne détruisent pas les ressources naturels de la T.I.Y.;
  • Valoriser la culture et les connaissances yanomami dans les initiatives de production de revenu;
  • Structurer des “échelles de valeur” pour les initiatives de production de revenu de la T.I.Y.;

Bon usage de l’argent:

  • Pratiquer la gestion de l’argent dans le but d’amélioration dans les communautés;
  • Elaborer des stratégies d’usage collectif de l’argent;
  • Diffuser des bonnes pratiques de l’usage de l’argent;
  • Diminuer la fréquence et le temps de permanence en ville.

Un guide de questions sera également remis à fin de faire un relevé d’opinions sur le thème du prochain atelier (connaissances traditionnelles et ressources naturelles).

III cours de politiques publiques

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Ce troisième cours de politiques publiques fut organisé pour les membres de la Kurikama et de l’AYRCA (association yanomami du Cauaburis, Maturaca) et six femmes du Marauia sur leur propre demande lors de la dernière assemblée générale de la Kurikama, ce qui comptabilisait trente-six participants yanomami. Le sujet principal, traité du 12 au 18 août, fut le Plan de Gestion Territorial et Environnemental (PGTA) qui est l’implantation de la Politique Nationale de Gestion Territoriale et Environnementale en Terres Indigènes (PNGATI) signée par la présidente du Brésil en 2012.

Du 8 au 11 et du 19 au 24, le consultant Marcio Patzinger Volk fit un rappel sur la notion de Politiques Publiques, concept déjà abordé durant les cours antérieurs, insistant sur le fait que des politiques publiques régissent déjà leur vie. Il demanda aux Yanomami quelle était la situation actuelle du Marauia et du Cauaburis. Les Yanomami répondirent unanimement que la situation s’était empirée aujourd’hui dans tous les domaines : santé, éducation, protection territoriale, droits indigènes…La question fut posée dans le but de montrer comment faire le diagnostic d’une situation et comment acheminer une dénonciation. Il prit en exemple celui de la santé. Les problèmes soulevés par les Yanomami furent :

-Manque de formation des agents indigènes de santé (AIS);

-Paiement tardif et irrégulier des AIS;

-Manque de matériel, remèdes et équipement;

-Manque de médecin et d’infirmiers;

-Manque de prévention: haut indice de paludisme;

-Contraction et paiement des fonctionnaires de la SESAI réalisés par un tiers, une ONG évangéliste, la Kaiua ;

A partir de ces problèmes relatés par les Yanomami, Marcio explique les différentes étapes du processus administratif d’un document envoyé au Ministère Public Fédéral qui est le représentant légal pour la défense des droits indigènes.

Marcio travaille avec les Mbya Guarani au sud du Brésil et s’est toujours référé durant le cours à leur situation comme un exemple type d’un groupe sans terre, vivant depuis 25 ans au bord de la route BR116 et développant pourtant une grande capacité de résistance : la stratégie qu’ils usèrent pour occuper les terres environnantes, malgré l’installation d’une usine Toyota sur ces terres et finalement leur expulsion à cause de l’usine, ils luttèrent encore pour la reconnaissance d’une autre terre sous leurs propres conditions.

Ensuite nous discutions au sujet des stratégies de colonisation mentale qui existent à travers les manipulations politiques du gouvernement (les grandes exploitations agricoles, les grandes entreprises et les évangélistes forment le gouvernement brésilien au Congrès National, pouvoir législatif : les trois B : Bœuf, Balle et Bible).  Nous abordâmes aussi la différence entre gouvernement (les politiciens) et l’Etat (les institutions). Marcio prit l’exemple de la démarcation des terres indigènes. L’état est en charge de l’identification, la démarcation et la ratification de ces terres. Celles-ci sont faites à partir de rapports de la Funai et d’anthropologues qui, avec le mouvement indigène gardent et protègent les rapports. Le fait est que le gouvernement de Dilma Roussef fut le premier à avoir négocié ces rapports en échange d’autres enjeux. Par exemple, le Projet d’Amendement Constitutionnel 215 (PEC 215) donnera la responsabilité de la démarcation des terres indigènes au Congrès National (pouvoir législatif) et facilitera l’accès aux rapports, ce qui lui permettra de contrôler la démarcation des terres selon leurs propres intérêts économiques. Pour la première fois, les Politiques Publiques devinrent monnaie d’échange. Ceci s’est produit sous le gouvernement Dilma ! Quand une politique publique ne fonctionne pas, la raison en est toujours la relation entre gouvernement et état.

Ensuite Marcio expliqua les lobbies qui financent les campagnes électorales, et, en cas de victoire, les candidats doivent rétribuer avec des contrats.

L’autre colonisation mentale est la colonisation religieuse : par les catholiques qui veulent mouler l’âme des indigènes par l’éducation (missions, églises, messes et baptêmes), et par les évangélistes qui veulent contrôler l’âme (perception et pensée) et le corps (famille, vices et sexualité) et qui recherchent le pouvoir, le contrôle et l’argent à travers des politiques publiques. Ils veulent le contrôle sur la santé (la Mission évangéliste Kaiua contracte et paie les médecins, infirmiers, techniciens et paie les AIS), l’éducation  (à travers des professeurs) et la Funai (le nouveau gouvernement voulait indiquer un militaire retraité et évangéliste comme président de la Funai).

Les ennemis des peuples indigènes au Congrès National essayent actuellement d’organiser une Commission Parlementaire d’Investigation (CPI) pour affaiblir la Funai et d’en empêcher une contre la Mission Evangéliste Kaiua.

Du 12 au 18, en la présence de Marina Vieira, Coordinatrice du PGTA de la Terre Yanomami, et Luciana Uehara du ICMBio/São Gabriel da Cachoeira, la discussion tourna autour de l’élaboration des propositions pour le PGTA. Le premier atelier d’élaboration du PGTA aura lieu ensuite au Roraima, au Lac Caracarana du 5 au 12 septembre et rassemblera des représentants de toutes les associations yanomami du Brésil et de la plupart des régions du territoire yanomami.

Dans un premier temps, nous analysâmes la ligne du temps à partir de 1910 avec la création du Code Civil, considérant les peuples indigènes incapables et devant être intégrés à la société nationale, ensuite tous les désastres survenus en terre Yanomami (la course à l’or, les épidémies comme la malaria et la rougeole, le massacre d’Haximu) et  les conquêtes de leurs droits par le mouvement indigène jusqu’au mouvement organisationnel yanomami avec la création des diverses associations : il y en a maintenant sept au Brésil et une au Venezuela.

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Dans un deuxième temps, il y eut la formation de cinq groupes pour relever les problèmes et les menaces contre les Yanomami dans leur région et dans leur terre. Les groupes furent formés à partir de leur approximation : premier groupe : Bas-Marauia (Bicho-Açu, Serrinho, Jutai e Tabuleiro), deuxième groupe : Moyen-Marauia (Beira et Ixima), troisième groupe Haut-Marauia (Cachoeira, Tomoropiwei, Raita et Kona), quatrième groupe : Pohoroa et cinquième groupe : Maturaca.

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Les problèmes emphatisés par les Yanomami furent divisés par thèmes et ils esquissèrent des propositions pour, sinon solutionner, du moins diminuer l’impact de ces problèmes.

Le premier point fut soulevé à cause de l’augmentation populationnelle, actuellement de 2.115 personnes, et l’augmentation du nombre de villages, actuellement 15, presque tous installés au bord du Marauia, ce qui, dans certaines parties de la rivière, amène à une forte approximation et, conséquemment, à la proximité des aires de chasse et pêche des villages. Suit la carte des propositions des régions Marauia et Maturaca, fruit des débats sur la situation dans tous les domaines, et des possibles solutions aux problèmes soulevés lors des discussions. Cette carte sera levée à l’atelier d’élaboration du PGTA au Roraima.

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Carte des Propositions du Marauiá e Maturacá

Plan de Gestion Territoriale et Environnementale

(PGTA)

URIHI TEMƗTEMƗ KÃI PËRƗMOPOTIMA KOPEMAMOTIMA

Alimentation, Gestion Environnementale et Sources de Revenu

  • Créer des stratégies pour les aires de chasse entre les villages :
    • Converser publiquement pour définir les limites du territoire de chaque village;
    • Faire d’autres villages en pleine forêt;
    • Ne pas capturer ou domestiquer des petits d’animaux;
    • Ne pas causer des accidents d’incendie en forêt;
    • Ne pas prendre tous les œufs pour consommation;
    • Eviter d’abattre les arbres fruitiers qui servent d’aliments aux animaux;
    • Eviter l’usage de poisons dans les ruisseaux et les lacs.
  • Valorisation des plantations:
    • Continuer à faire des plantations;
    • Vivre en petits villages;
    • Faire des échanges de graines entre villages ;
    • Réutiliser les plantations en jachère en respectant le temps de jachère.
  • Au sujet des déchets industriels :
    • Eviter d’acheter les aliments des blancs;
    • Ne pas acheter les aliments en conserves et autres matériels d’aluminium, acheter seulement les aliments de base tels que le riz, les pâtes, les fèves;
    • Emporter les plastiques en ville;
    • Eviter d’acheter sucre, sel, choses salées et boissons gazeuses;
    • Apporter les piles usées au poste de santé;
    • Discuter avec les jeunes et les enfants au sujet des batteries de portable, de montre et de radio émettrice pour ne pas nuire à notre terre;
    • Education environnementale dans et en dehors de l’école, incluant tous les habitants du village;
  • Contrôler l’usage du matériel de pêche:
    • Ne pas jeter les filets de pêche usés dans la rivière; les rendre à la ville;
    • Ne plus user les poisons pour tuer les poissons;
    • Ne pas pêcher durant le temps de reproduction ; si pris en flagrant délit les poissons seront distribués à la population du village;
    • Ne pas acheter de masque de plongée;
    • Contrôler l’usage des appareils pour la pêche qui peuvent nuire aux poissons, comme les moustiquaires pour attraper les petits poissons;
    • Replacer la plaque du ICMBio aux limites du Parc;
    • La Funai doit fiscaliser l’embouchure du Marauiá en partenariat avec l’association yanomami Kurikama;
    • Etablir une convention institutionnelle (ICMBio, Funai et associations yanomami) pour réaliser une fiscalisation communautaire. Exemple : création d’agents environnementaux indigènes.
  • Développer l’Ecotourisme Yaripo comme alternative à l’exploitation aurifère au Maturacá
    • L’agence et la Coordination doivent être de la responsabilité de l’AYRCA;
    • Les points stratégiques de tourisme doivent se trouver en dehors du village;
    • Affermissement politique de l’AYRCA, par des cours d’administration et de gestion;
    • Renvoi des déchets industriels (piles, batteries, déchet hospitalier);
    • L’écotourisme doit être planifié et développé selon la réalité et les revendications des Yanomami;
    • Les techniciens non yanomami doivent avoir connaissances de la culture yanomami;
    • Respecter les lieux sacrés;
    • Articulation entre la Funai, ICMBio, Ufam, Ifam, Exército, ISA, Mairie de SGC, Foirn, Polícia Federal etc.

Protection, Autogestion e Territorialité

  • Stimuler les jeunes à apprendre à être chamans;
  • Les Yanomami doivent coordonner leurs écoles;
  • Autonomie politico-pédagogique;
  • Stimuler la conversation ouverte au sujet du chamanisme et autres apprentissages du village;
  • A partir du moment que les salésiens et la Pró-Amazônia représentent une menace pour les Yanomami, les Yanomami peuvent les expulser;
    • La Kurikama doit faire un document pour demander la fin du prosélytisme religieux pratiqué par les salésiens et empêcher que la Pró-Amazônia avance dans ce processus;
    • Ne pas laisser les chrétiens anéantir le chamanisme;
    • Les associations doivent lutter contre l’invasion des idées chrétiennes pour éviter les changements nocifs de la culture yanomami. Ex: enterrement;
    • Les villages doivent refuser les messes;
  • Exiger l’application de l’attribution de l’armée par rapport à la protection territoriale;
  • Consulter tous les peuples indigènes au sujet de la présidence et des coordinations de la Funai et de la Sesai;
  • A travers l’affermissement des associations indigènes, lutter pour l’affermissement de la Funai pos restructuration.
  • Utiliser le PGTA comme arme contre les invasions et en faveur des améliorations de la santé et de l’éducation;
  • Remettre les plaques anti-invasions à l’embouchure du Marauiá;
  • Valorisation des langues Yanomami dedans et en dehors des écoles;
  • Contrôle du village au sujet du travail des AIS et des professeurs;
  • Contrôle du village au sujet de l’usage de l’essence; savoir choisir et user les objets des blancs en notre faveur ;
  • Appuyer l’association: lutter pour elle et non entre Yanomami;
    • Penser à un agenda et une forme d’augmenter la communication entre les associations yanomami;
    • Plus de dialogue et d’interaction entre les leaders du Marauiá et Maturacá (Kurikama et Ayrca) pour discuter les problèmes et les solutions communs;
    • Articulation des associations pour une vision commune;
    • Plus d’interactions entre toutes les associations de la terre yanomami;
  • Autonomie des associations.
  • Utiliser le PGTA comme notre flèche;
  • Structurer le programme de communication en terre yanomami:
  • Augmenter le réseau de radio émettrices;
  • Formaliser la demande de donation de fréquence auprès de la Secoya et d’Anatel;
  • Acheminer au MPF un document exigeant que la Sesai utilise sa propre fréquence ;
  • Cours de formation pour les associations au sujet des systèmes de communication;
  • Acheminer un document pour Anatel exigeant téléphone public promis par Embratel en mai 2016;
  • Installation d’internet dans les sièges des associations.
  • Stimuler les échanges entre les associations et les leaders de la terre yanomami;
  • Utiliser le Plan de Gestion du Parc Pico da Neblina (ICMBio) comme une flèche;
  • Les leaders doivent s’initier au chamanisme;
  • Ne pas laisser les bénéfices sociaux nuire aux villages:
    • Acheter moins d’alimentations des blancs;
    • Acheter des outils utiles pour les plantations, la pêche et la chasse;
    • Valoriser les plantations;
    • Reprendre le principe des villages secondaires – mobilité territoriale;
    • Utiliser l’argent pour financer les associations;
    • Utiliser l’argent de forme collective, au bénéfice du village entier;
    • Ne pas laisser les cartes des bénéfices sociaux et de banque dans les mains des commerçants;
    • Limiter les périodes de permanence dans les villes;
    • Inviter le Ministère du Développement Social (MDS) à la réunion du PGTA pour adapter la politique de la Bourse Famille à la réalité du Marauiá et du Maturacá (et de toute la Terre Indigène Yanomami).

 

Education et Connaissances

  • Participation des femmes;
  • Espaces propres;
  • Soins dans la Casai;
  • Stimuler la participation politique;
  • Réserve de places pour les femmes dans les réunions, rencontres, séminaires, etc;
  • Combat au prosélytisme religieux et au contrôle sur le corps des femmes par la pensée des blancs;
  • Cours sur les droits des femmes indigènes;
  • Stimuler et articuler des rencontres de femmes (Maturacá, Marauiá);
  • Orienter les accompagnants (CASAI, cours…)
  • Stimuler déjà l’articulation entre les femmes: ex: radio-émettrice, PGTA.
  • Participation en masse des Yanomami (hommes et femmes) de toutes les régions aux cours de Politiques Publiques organisés par Rios Profundos;
  • Valorisation de l’enseignement non certifié par l’état ou autres institutions et non scolaire, indépendant de certification;
  • Les jeunes doivent respecter la parole des leaders;
  • Les leaders doivent donner l’exemple;
  • Respecter le travail des chamans: ne pas faire de bruit, écouter, apprendre;
  • Stimuler les jeunes à apprendre pour devenir chamans;
  • Intégrer les connaissances spirituelles et traditionnelles aux matières scolaires avec accompagnement des associations yanomami;
  • Stimuler les leaders, les professeurs et les AIS pour avoir une attitude correcte dedans et dehors des villages;
  • Organiser rencontres régionales (Maturacá, Maia et Marauiá) de chamans;

 

Santé Indigène

  • Adaptation de la Maison d’Appui pour les soins et l’abri des patients en ville. Ex: à la Casai de Santa Isabel, ne pas mettre de TV où dorment les patients;
  • Orientation aux accompagnants des patients en ville au sujet de :
  • boissons alcooliques;
  • violence contre les femmes;
  • le fonctionnement de la SESAI;
  • accompagnement adéquat;
  • les maladies sexuellement transmissibles (DST/SIDA);
  • le bon usage des objets des blancs.
  • Usage d’hélicoptères au lieu d’avions (l’ouverture de pistes d’atterrissage renforce nos ennemis, les orpailleurs, qui sont les pilotes et les propriétaires des avions);
  • Formation technique et différentiée des professeurs et agents de santé, valorisant les connaissances en remèdes traditionnels;
  • Chamanisme : connaissances des chamans et des hommes âgés;
  • Valorisation et affermissement de la médecine traditionnelle:
  • Plantes médicinales;
  • Connaissances des femmes;
  • Des plantations;
  • Des aliments traditionnels.
  • Valorisation de l’accouchement traditionnel:
  • Autonomie du choix des femmes;
  • Lutter contre les césariennes (violence obstétrique des blancs) ;
  • Valorisation des accoucheuses yanomami.
  • Création du DSEI yanomami Amazonas:
  • Autonomie DSEI yanomami Amazonas;
  • Autonomie et horizontalité dans les choix de direction et participation yanomami au DSEI (avec droit de parole et de vote) ;
  • Consultation et articulation entre les associations yanomami d’Amazonie au sujet des politiques du DSEI.
  • Non à la tierce partie dans la gestion des serviteurs de la santé:
  • Contraction directe par la SESAI;
  • Paiement direct par la SESAI;
  • Démembrement des ONG de la santé indigène (KAIUA);
  • Contrôle sur le prosélytisme religieux;
  • Appuyer les investigations sur la SESAI et la KAIUA: Commission Parlementaire d’Investigation – CPI – de la KAIUA ;
  • Compte-rendu financier spécifique de la SESAI accompagné par le Ministère Publique Fédéral (MPF);
  • Formation technique et différentiée pour les AIS, techniciens et médecins, avec valorisation des connaissances de médecine traditionnelle yanomami (plantes médicinales, alimentation traditionnelle, accoucheuses);

Penser stratégies de mobilité et gestion territoriales.


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Mauricio et Chicão, deux AIS, regardant le livre des Plantes Médicinales, recherche réalisée par les Yanomami du Roraima

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Luciana, de l’ICMBio, São Gabriel da Cachoeira, Anne Ballester, de Rios Profundos et Marina de l’ISA   Boa Vista

Après le départ de Mariana et Luciana, les débats continuèrent avec Marcio. Nous discutâmes d’abord au sujet de  religion, de l’impérialisme et de l’intolérance des religions chrétiennes. Ensuite, nous reprenions l’organigramme de l’état brésilien, du rôle de la Funai (protection territoriale, développement durable et articulation interinstitutionnelle) et l’obligation du MPF d’accompagner toutes les demandes des peuples indigènes.

Nous travaillâmes aussi la question d’un document, à partir du thèmed´un programme d’auto fiscalisation par la Kurikama : décrire les menaces, les problématiques et les illicites, ensuite argumenter et solliciter. Marcio a une expérience de travail à la Funai et au MPF. A partir de ça, il fut décidé que la prochaine intervention de Marcio s’articulera en des moments de dispersion, travaillant sur le terrain avec les membres de la direction et du conseil de la Kurikama dans leurs villages respectifs, et des moments de centralisation pour organiser les données.

Il est prévu que le siège de la Kurikama sera installé dans l’ancien poste de la Funai, à Bicho-Açu. Le PGTA dispose de ressources financières pour la réforme et l’équipement des associations yanomami. Quatre d’entre elles ont été choisies : AYRCA, KURIKAMA, TEXOLI et APYB. Elles disposeront chacune de R$ 32.000,00 soit R$ 10.000,00 pour la réforme, R$ 12.000,00 pour l’équipement et R$ 10.000,00 pour l’énergie solaire. Les travaux devraient se faire en février 2017.  Les moments de concentration de l’intervention de Marcio se feront à Bicho-Açu, si le siège de la Kurikama est prêt, et sinon à Poraquêquara.

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Marcio Patzinger Volk et Carlito de Ixima

 

 

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